Journée des “Droits des Femmes”

17 janvier 1975, jour où la loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG), dite loi « Veil », a été adoptée. Simone Veil, avec courage, a mené ce combat pour la liberté des femmes françaises à disposer de leur corps et avoir accès légalement à l’IVG qui jusque-là était un acte synonyme de honte et de barbarie.

En ce 8 mars 2024, 49 ans après la dépénalisation de l’avortement, l’image de Simone Veil, de Simone de Beauvoir, de Gisèle Halimi et de toutes les femmes qui ont porté ce combat, rayonnent encore plus fort. Ce lundi 4 mars 2024 a eu lieu un vote historique. Les parlementaires français réunis en Congrès ont approuvé l’introduction de l’IVG dans la Constitution Française par 780 voix pour et 72 contre. Un nouvel alinéa à l’article 34 de la Constitution a été rajouté stipulant que « la loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce la liberté de la femme, qui lui est garantie, d’avoir recours à une IVG ». Cette initiative vise à sécuriser ce droit fondamental dans la loi suprême du pays.

Une première mondiale, en espérant que notre pays sera un exemple pour les autres pays du monde. Beaucoup trop de femmes n’ont aucun droit et encore moins celui-ci.

21 pays interdisent formellement les interruptions de grossesse. D’autres les autorisent sur justification médicale (34), sur justification socio-économique (7) ou si la vie de la femme est péril (29). Selon l’ONG Amnesty International, quelle que soit la législation des pays, les femmes ont recours à l’avortement, que la loi l’autorise ou l’interdise, et dans les mêmes proportions. La différence est l’impact sur leur santé : les IVG clandestines sont la troisième cause de mortalité maternelle dans le monde.*

Soyons fiers de ce vote qui protège ce droit accordé aux femmes françaises. Leur choix, leur corps, c’est plus qu’un symbole de liberté individuelle, c’est un droit constitutionnel.

 

« Un symbole n'est jamais insignifiant. Dans une Constitution, chaque élément est une déclaration de valeurs. C'est une façon d'affirmer ce qui est considéré comme essentiel ».

Une grande pensée à Simone Veil et également à toutes les femmes courageuses qui avec force défendent leurs droits et font porter leur voix partout dans le monde !

Belle journée à toutes les femmes et une pensée chauvine à nos Arcoises !

Petit rappel historique

– Juillet 1971 : Création de l’association “Choisir la cause des femmes”, autour de Simone de Beauvoir et de l’avocate Gisèle Halimi, qui lutte pour l’abrogation de la loi du 31 juillet 1920 qui fait de l’avortement un crime.
– Avril 1973 : Création du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) qui rassemble des organisations féministes et des organisations politiques
– 17 janvier 1975 : Loi n° 75-17 autorisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG), dite “loi Veil”, adoptée pour une période de 5 ans.
– 31 décembre 1979 : Loi n° 79-1204 sur l’IVG, qui rend définitives les dispositions de loi de 1975 et supprime notamment certaines entraves à la réalisation de l’IVG, concernant les modalités d’accord du médecin et l’accueil dans les services hospitaliers.
– 12 octobre 1981 : Yvette Roudy, ministre des droits de la femme, annonce une campagne nationale d’information sur la contraception et la publication de trois décrets : remboursement à 75% de l’IVG par la Sécurité Sociale, abaissement du délai de résidence exigé pour les étrangères, création d’un centre d’IVG dans tous les établissements publics de soins.
– 2001 : Réforme de la loi Veil avec, notamment, un délai de recours à l’IVG porté à 12 semaines de grossesses et la possibilité pour les mineures d’y recourir sans autorisation parentale sous certaines conditions. La consultation psycho-sociale n’est plus obligatoire pour les femmes majeures.
– 2014 : la loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes supprime la notion de « situation de détresse » et prévoit qu’une femme « qui ne veut pas poursuivre une grossesse » peut demander une IVG.
– 20 mars 2017 : le délit d’entrave à l’IVG est étendu au fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher de pratiquer ou de s’informer sur une interruption volontaire de grossesse.
– 2 mars 2022 : la loi visant à renforcer le droit à l’avortement allonge le délai légal de recours à 14 semaines de grossesse.
– 4 mars 2024 : L’Interruption Volontaire de Grossesse devient un droit constitutionnel.

(*sources : www.lemonde.fr; www.vie-publique.fr)