Le pont de la gare sera renommé « Pont Major William Boyle » le 15 août  

Le jeudi 15 août 1944, le pont de la Gare deviendra le pont Major William Boyle. Les équipes techniques sont à pied d’œuvre pour réaménager cet espace commémoratif. 

C’est avec beaucoup d’émotion et de gratitude que nous allons accueillir les enfants et petits-enfants du Major, et les familles des soldats alliés et des résistants qui ont pris part aux combats héroïques, il y a 80 ans, et qui ont permis de libérer la commune des Arcs.  

Remontons le temps afin de leur rendre l’hommage qu’il convient : 

Dans la nuit du 14 au 15 août, la population des Arcs fut surprise par le survol de dizaines d’avions C-47, sans entendre d’explosions de bombes. En réalité, 396 de ces avions transportaient 5 630 parachutistes armés, marquant le début de la libération de la Provence. 

Aux premières heures du 15 août, le major William Boyle, commandant le 1er bataillon du 517e régiment aéroporté américain, et ses 40 hommes sautèrent en parachute au nord de la commune pour bloquer le pont d’Argens. Après la prise de contact avec la résistance locale et le commandant Blanc, ils furent rapidement confrontés à près de 300 Allemands dès leur arrivée au pont de la gare. Leur petit canon fut mis hors d’usage, et des combats violents s’ensuivirent. Le major Boyle et ses hommes durent se replier le long de la voie ferrée et des vignes avoisinantes le long du real pour se protéger, alors que les Allemands essayèrent un encerclement et une contre-attaque de la ville entière. 

Le Major et ses hommes vont se battre à 10 contre 100 presque toute la nuit. Malgré une résistance acharnée, ils durent battre en retraite au lever du jour et attendre les renforts des 2e et 3e bataillons ainsi que le soutien de l’artillerie et des mortiers. Le 16 août, les sections de la compagnie D, dirigées par le lieutenant Carl Starkey, rejoignirent le major Boyle, établissant un point de défense au sud de la voie ferrée. Les Américains, avec l’aide de l’aviation, contenaient les Allemands.  

Après deux jours de combats intenses, au prix de lourdes pertes, le 517e régiment fit la jonction sur la nationale 7 (Pont d’Argens et quartier Saint Jean) avec les troupes débarquées par les plages, menant à la victoire et à la libération des Arcs. Ces combats coûtèrent la vie à seize Allemands et blessèrent une dizaine de soldats américains, pris en charge par le docteur Jean Comte. Les hommes du Major Boyle surnommeront la bataille des Arcs “Little Alamo”, tant les combats furent intenses. 

Le major William Boyle, surnommé “Wild Bill” (Bill le terrible) est né à Brooklyn en 1917. Diplômé de West Point en 1939, il rejoint le 517e PIR en 1942. Il participa à l’opération Dragoon et reçut la Bronze Star et deux Purple Hearts pour ses actions héroïques.